| Ecrit par A.Foulah Diallo,
le 17-07-2008 03:05
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Publié dans : Actualités, Social |
ALLOCUTION DE S.E. M. L’AMBASSADEUR DE FRANCE
A L’OCCASION DE LA FETE NATIONALE FRANCAISE
(14 juillet 2008)
Monsieur le Représentant du Chef de l’Etat
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale
Monsieur le Président du Conseil Economique et Social
Monsieur le Président de la Cour Suprême
Mesdames et Messieurs les Ministres
Mes chers collègues Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales et du Corps consulaire
Mesdames et Messieurs les membres des institutions républicaines
Messieurs les Officiers Généraux
Mes chers compatriotes
Mesdames et Messieurs, chers amis
Je suis heureux de nous voir à nouveau réunis tous ensemble pour célébrer la Fête Nationale française du 14 juillet. Cette célébration revêt cette année une importance particulière car elle se déroule au moment où la France exerce la Présidence de l’Union Européenne, au développement de laquelle notre Président, M. Nicolas Sarkozy, apporte toute son énergie.
Elle revêt également une signification particulière, car, en 2008, nous célébrons le soixantième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, signée à Paris le 10 décembre 1948, qui est l’héritière de la Déclaration des Droits de l’Homme instituée par la France. 2008 est aussi l’anniversaire d’autres textes importants en matière de Droits : le 60ème anniversaire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, le 10ème anniversaire de la Déclaration des Nations-Unies sur les défenseurs des Droits de l’Homme et le 10ème anniversaire du Traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale.
La célébration du 14 juillet 2008 est donc le moment opportun pour souligner l’universalité des Droits de l’Homme. Je tiens à cette occasion à saluer tous ceux dont l’action vise à la protection et à la promotion des Droits de l’Homme, notamment, ici en Guinée, les représentants de la société civile dont certains nous font l’honneur de leur présence ce soir.
L’année dernière, j’avais déjà évoqué le symbole fort que revêtait la célébration du 14 juillet, car celle-ci continue d’incarner, en France et partout dans le monde, la lutte du Peuple contre l’injustice et pour la satisfaction de ses légitimes aspirations au respect des droits de l’Homme, à la paix, à la liberté et au développement économique et social.
Un an plus tard, l’évocation de ce symbole conserve, me semble-t-il, toute sa force.
Un nouveau Gouvernement a été nommé le 19 juin dernier, en Guinée. Comme le précédent, il est confronté à la même problématique du redressement de la Guinée, lequel suppose de la part de tous confiance, dialogue et respect des règles de droit et des contraintes financières. En effet, il est urgent que la Guinée s’engage avec détermination dans la lutte contre le laxisme et pour la restauration de l’autorité d’un Etat compétent et impartial.
C’est à ce prix que la bonne gestion des affaires publiques, c’est à dire la bonne gouvernance, pourra émerger et conduire au développement économique et social.
Pour sa part, quelles que soient les circonstances, la France demeure un partenaire, une amie sûre et loyale de la Guinée.
C’est ainsi que, dans le cadre du document cadre de partenariat qui définit les grandes orientations de la coopération entre nos deux pays, et programme une enveloppe d’aide à la Guinée de 100 millions d’Euros pour la période 2006-2010, la France continue à travailler sans relâche, avec ses partenaires Guinéens, et de concert avec les autres bailleurs de fonds, au développement du pays.
Le 25 juillet 2007, à l’issue du forum des partenaires de la Guinée, tenu à Paris, qui avaient réunis les représentants de vingt-cinq pays et Organisations Internationales et le Gouvernement de la République de Guinée, des engagements forts de soutien avaient été pris.
La France a respecté ses engagements, et est même allée au-delà.
En novembre 2007, a été signée une convention d’aide budgétaire exceptionnelle de 2,5 millions d’euros. Il s’agit de la première tranche d’une aide budgétaire de 5 millions d’euros annoncée par le président de la République lorsqu’il a reçu le Premier ministre d’alors, M. Lansana Kouyaté, au printemps de l’année dernière.
En février 2008, la France a accordé un don de 12 millions d’euros (près de 75 milliards de GNF) pour financer le programme sectoriel de l’Education. Depuis 2001, les dons cumulés de la France à la Guinée dans le domaine éducatif s’élèvent à près de 130 milliards de GNF.
En mars 2008, la France a signé une convention de subvention de 1,5 million d’euros afin de permettre à la Guinée de renforcer ses capacités commerciales, en particulier dans le domaine minier. Ce renforcement est en effet essentiel pour dégager les ressources financières nécessaires au développement du pays.
Enfin, très récemment, le 19 mai 2008 - dans le cadre du Club de Paris – la France a annulé une dette commerciale guinéenne de 54,8 millions d’euros (un peu plus de 86 millions de dollars). Elle a également rééchelonné une dette guinéenne de 8,8 millions d’euros d’aide publique au développement. De plus, à titre exceptionnel, et pour tenir compte de la capacité de paiement très limitée de la Guinée, elle a accepté de différer après 2010 le règlement à l’Agence Française de Développement de 59,2 millions d’euros. Au surplus, la France, qui est le premier créancier de la Guinée au sein du Club de Paris, avec près de la moitié des 830 millions de dollars du stock de dettes de la Guinée à la date du 1er janvier 2008, s’est engagée à procéder à une nouvelle et importante annulation de dettes lorsque la Guinée aura atteint le point d’achèvement de l’initiative « PPTE renforcée ».
La France versera, par ailleurs, une contribution de 1 million d’euros pour l’organisation des prochaines élections législatives, élections, je le souligne, très attendues par l’ensemble des Guinéens et des Guinéennes. La tenue, comme prévu, avant la fin de l’année, d’élections législatives libres et transparentes devrait constituer, en effet, une étape essentielle sur la voie du redressement de la Guinée. Elle représentera un signal positif fort de la volonté du Gouvernement de réformer dans la concertation.
Voilà pour les nouvelles actions décidées depuis un an. Les projets précédemment lancés (renforcement du système judiciaire guinéen et à la promotion de l’Etat de droit pour 1,5 millions d’euros, appui au secteur de la santé de 850.000 euros, soutien à la Fédération des paysans du Fouta Djalon pour 400.000 euros, financement d’études et le renforcement des capacités de 750.000 euros, financement de l’extension du périmètre de production du riz de mangrove en Guinée maritime pour 9 millions d’euros) continuent à être mis en oeuvre.
Notre coopération militaire et de défense se poursuit dans la confiance. Ainsi, les escales d’amitié des bâtiments de la Marine Nationale Française, le Bougainville, le Tonnerre et le Borda, ainsi que les nombreuses formations conduites dans les écoles militaires ont confirmé les relations fraternelles entre les armées guinéenne et française.
Qu’il me soit permis de dire un mot sur la dégradation des conditions de sécurité en Guinée. Je sais que c’est un souci partagé par les plus hautes autorités de ce pays. Un Etat ne peut fonctionner que s’il donne l’exemple, que s’il est respecté et obéi. Les forces de sécurité, expression de la souveraineté de l’Etat, doivent être disciplinées et se comporter de façon républicaine. Les violences, dont nous avons tous été témoins et parfois, les victimes, divisent les Guinéens, créent l’inquiétude et le doute parmi les communautés étrangères, dissuadent les investisseurs.
C’est pourquoi, la France continue à soutenir les initiatives destinées à promouvoir la concorde, la bonne gouvernance et le développement économique et social. Elle souhaite rappeler que le processus de développement de la Guinée doit d’abord s’enraciner à l’intérieur-même de la Guinée avec la participation active de la population. La communauté internationale n’est qu’un partenaire qui souhaite accompagner la Guinée là où elle veut aller. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine du respect de l’Etat de droit et de la tenue d’élections crédibles.
Je souhaite m’adresser maintenant à vous, mes compatriotes.
Mes Chers amis,
Vous êtes près de 3.000 à vivre en Guinée. La célébration de notre Fête nationale est une occasion privilégiée de nous réunir et de manifester notre unité. Au cours des mois écoulés, notre cohésion nous a permis de surmonter le défi de l’insécurité et du découragement. Je tiens à vous en féliciter. Par votre présence ici, ce soir, vous exprimez l’attachement de la France à la Guinée et à son Peuple que je souhaite remercier pour l’hospitalité qu’ils nous accordent.
Mes chers compatriotes,
J’apporte une attention particulière à vos conditions de vie. J’en parle régulièrement aux autorités guinéennes.
Je me préoccupe également des conditions sanitaires. Ainsi, un effort particulier a été fait pour permettre au centre médico-social de l’ambassade de vous rendre des prestations d’un haut niveau technique.
Dans le domaine scolaire, le lycée français Albert Camus a achevé l’année dans de bonnes conditions. Par ailleurs, les situations matérielles les plus délicates de notre Communauté ont été prises en compte à la mesure des instruments dont nous disposons. Je rappelle à cette occasion que la France est l’un des très rares pays à porter une telle attention à ses ressortissants présents à l’étranger.
Je vous assure donc du plein soutien de mes services et de moi-même.
Monsieur le Représentant du Chef de l’Etat, Mesdames et Messieurs, chers amis,
En ce jour de Fête Nationale française, je souhaite vous dire toute la détermination de la France à continuer à accompagner la Guinée sur la voie du développement et de la Paix grâce aux relations de confiance et d’amitié qui nous lient.
Au nom du Président de la République, du Gouvernement et de la Communauté française, je formule les vœux de succès les plus chaleureux et les plus amicaux, pour la Paix et la stabilité de la Guinée, pour son Peuple et ses dirigeants. En cette période délicate pour les Guinéens, sachez que la Guinée peut compter sur le soutien français dans ses efforts pour plus de Justice, de Démocratie et de bonne gouvernance.
A mes compatriotes, j’adresse également mes vœux de bonheur et de prospérité en ce jour de Fête nationale.
Vive la Guinée !
Vive la France !
Vive l’amitié et la coopération franco-guinéennes !
Je vous remercie./.
Dernière mise à jour : 17-07-2008 03:05
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