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Afrique du Sud: Timides espoirs à l'école de tous les dangers Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Ecrit par A.Foulah Diallo, le 11-06-2008 22:22

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Publié dans : Actualités, Social



Afrique du Sud: Timides espoirs à l'école de tous les dangers

(Syfia Afrique du Sud) Meurtres, viols, bagarres… De récents rapports classent les écoles sud-africaines parmi les plus dangereuses et les moins performantes du monde. Sur le terrain, des initiatives sont mises en oeuvre pour qu’apprendre cesse d’être un combat au quotidien.

En Afrique du Sud, l'école est tout sauf un refuge. Selon de récentes études, entre un élève sur huit et un élève sur deux y serait victime de violences. Les chiffres divergent, mais la réalité est là. ll y a quelques mois, une collégienne était violée et mise enceinte par un de ses professeurs. Dans la même période, un élève du primaire était poignardé par un de ses camarades dans les toilettes de son école...

"Il est impossible de recevoir une éducation de qualité dans un contexte de peur permanente", résume Jody Kollapen, directeur de la Commission des droits de l’homme sud-africaine. En 2006, l’Étude internationale sur les progrès en lecture (PIRLS) classait l’Afrique du Sud dernière sur 30 pays pour le niveau de lecture et d'écriture à la sortie du primaire. La violence entraîne également des taux d’absentéisme records et dissuade beaucoup de jeunes d’embrasser une carrière dans l’éducation. Cornélius Tjiuma raconte que, dans le dernier collège où il a effectué un stage, deux couteaux et un pistolet ont été confisqués dans la même journée. Une fois son diplôme de professeur en poche, il s’est résolu à rentrer enseigner dans son pays natal, la Namibie.

L'école, miroir de la société sud-africaine
Depuis plusieurs années, différentes initiatives ont cependant permis de mieux comprendre les racines du problème et de s'y attaquer autrement, en partant du principe que la violence était importée de l’extérieur de l'école. D’après une étude du Centre pour la justice et la prévention du crime, parue en avril dernier, environ 10 % des collégiens et des lycéens ont un parent qui est ou a été en prison. "L’école ne sera jamais une île", déplore M. Nober, principal de l’école primaire Lavana située à Lavender Hill, un quartier réputé très dangereux de la banlieue du Cap. Le principal décrit des familles rongées par l’alcool et la violence conjugale : "Dès la maternelle, certains de nos élèves ne savaient pas jouer ensemble. Ils se faisaient systématiquement mal, car ils avaient des gestes violents bien qu’inconscients."

Dans la cour de récréation où, il y a quelques mois encore, on pouvait voir des poursuites et des combats à l’arme à feu - l’école ayant le malheur d’être coincée entre les territoires de deux gangs qui terrorisent le quartier –, le climat s'est un peu amélioré. Aujourd’hui, l’entrée est surveillée par trois volontaires bambanani ("Faire front ensemble", en xhosa). Toute personne suspecte est signalée au policier de garde présent en permanence. Des caméras de surveillance complètent le dispositif.

Ces mesures font partie du programme Safe School, lancé nationalement il y a 10 ans par le ministère de l’Éducation après la mort par balle d’un lycéen dans un autre township du Cap. À Lavana, où Safe School est en place depuis 2004, la prévention occupe aussi une place importante. Des pancartes avec des dessins d’armes à feu et d'enfants qui se battent barrés d’énormes croix rouges recouvrent les murs de la réception. Non loin de là, Janice, 12 ans, est fière de montrer l’allée du "Jardin de la Paix" aménagé par sa classe. Désormais, aloe vera et géraniums poussent sur l'ancien terrain vague qui jouxtait la cour de récréation. Certains professeurs viennent y donner des cours d’éducation civique. Janice assure se sentir aujourd’hui plus en sécurité à l’école, même si "certains enfants continuent à jurer et à donner des coups de pied aux professeurs".

Pacifique combat
Au collège de Voorbrug, dans une autre banlieue défavorisée du Cap, un graffiti effrayant, "Bienvenue à Meutreville", ornait le portail principal il y a quelque temps. Ces dernières années, le collège a quitté le sinistre classement des écoles à haut risque. Dans le cadre de Safe School, un projet audiovisuel où les élèves filment leur réalité à l’intérieur et à l’extérieur de l’école vient d’être lancé. "Quand je filme dans les couloirs, tout le monde veut faire bonne impression et donner une bonne image de l’école. C'est déjà ça !", observe Jamy, 14 ans.
"Le programme commence juste à porter ses fruits", résume Nariman Kahn, qui en est responsable pour la province du Cap oriental. Dans la région du Cap, Safe School dispose d’un centre d'appels qui en reçoit environ 1 000 par mois, transférés selon les besoins à un médecin, un psychologue ou à la police.
Aujourd'hui encore plus qu'hier, chacun est bien conscient que les progrès enregistrés restent fragiles. À l’école primaire de Lavana, sur un tableau noir, l'impact d'une balle tirée par un gangster a été entouré à la craie. Comme pour inviter élèves et professeurs à rester vigilants et à poursuivre leur pacifique combat éducatif.
Clémence Petit-Perrot



Dernière mise à jour : 11-06-2008 22:22

   
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